TRANSITION SOCIO-ÉCOLOGIQUE

Préambule

Quand on parle de justice sociale et de réduction des inégalités, nous ne pouvons faire fi de tout ce qui est en lien avec la transition socio-écologique puisque ce sont les personnes vulnérables qui sont les premières à vivre avec les conséquences des changements climatiques. 

“Faire face aux changements climatiques et aux perturbations des grands systèmes de la biosphère est le défi qui définira ce siècle. Cela suppose que s’enclenchent des transformations rapides et à long terme dans plusieurs domaines: la régulation économique et les infrastructures technologiques, bien sûr, mais aussi l’organisation sociale et territoriale des activités quotidiennes et des modes de vie. Particulièrement dans les villes, où ces transformations toucheront des activités comme la mobilité, l’approvisionnement alimentaire et l’aménagement, il est impossible de concevoir et de piloter ces transformations sans comprendre les fondements sociologiques de la vie collective.” (UQAM – Chaire de recherche sur la transition écologique)

Question

Quelle est votre position sur la transition socio-écologique et la réduction des inégalités face aux impacts des changements climatiques?

Réponses

Coalition Avenir Québec – Une réponse pour les six circonscriptions

En environnement, on a livré des résultats plutôt que de tenir de beaux discours. On en a fait plus en 4 ans que les précédents gouvernements en 15 ans.

On a un plan chiffré et financé – 7,6 G$ sur 5 ans – pour lutter contre les changements climatiques. On va électrifier notre économie – les transports, les industries, l’habitation – et faire du Québec un leader mondial de l’économie verte.

La CAQ a pris des décisions courageuses, notamment pour atteindre la cible de 17% d’aires protégées sur le territoire québécois. Nous voulons aussi accélérer le virage écologique en agriculture.

On vise aussi la carboneutralité d’ici 2050, et pour ce faire, on mise grandement sur la transition énergétique et l’électrification de nos transports. 

Parti Conservateur

Le Parti Conservateur n’a pas encore fourni de réponses. Dès que celles-ci seront disponibles, elles seront publiées ici.

Parti Libéral du Québec – Une réponse pour les six circonscriptions

Les changements climatiques sont un enjeu qui touche tous les Québécois de façon inégale. Il est bien évident que certaines personnes subissent les impacts de ces changements climatiques de façon plus marquée, ce dont il faut être conscient.

Les défis de notre époque, ceux qui surpassent tous les autres, sont la lutte aux changements climatiques et la protection de notre environnement. Pourquoi? Le GIEC confirme l’urgence climatique; il n’y a pas de temps à perdre. Si rien n’est fait, le réchauffement climatique pourrait dépasser les 4 °C d’ici la fin du siècle et provoquer des conséquences irréversibles, où les territoires nordiques seront les plus touchés. On en voit déjà les signes : les feux de forêt, les vagues de chaleur, l’érosion des berges, les tempêtes violentes. Les scientifiques sont unanimes, il y a urgence d’agir. Ce n’est plus alarmiste d’être alarmant. Le temps n’est plus à la transition, mais à l’action. C’est pourquoi nous proposons d’agir concrètement pour accélérer le virage vert du Québec.

Tout d’abord, nous proposons un ambitieux projet, Éco, visant à allier écologie et économie et permettre au Québec de prendre fermement sa place dans le marché de l’hydrogène tout en créant de la richesse dans toutes les régions du Québec. Malgré nos formidables ressources hydroélectriques, 55 % de toute l’énergie consommée au Québec provient encore d’énergies fossiles, principalement du pétrole. Notre objectif, c’est de rendre le Québec carboneutre d’ici 2050. L’électrification de l’économie, et notamment des transports, est déjà en marche. Les solutions technologiques existent et seront de plus en plus accessibles et abordables. Cependant, pour de nombreux procédés industriels, l’électricité n’est pas une solution. Pour tout ce qui ne peut pas être électrifié, environ 10 % des besoins selon plusieurs, il existe une solution sur mesure pour le Québec, une solution proposée par le Parti libéral du Québec en 2018 : l’hydrogène. Avec le développement de la filière de l’hydrogène vert, le Québec ajoutera de la valeur à son hydroélectricité et se positionnera comme un grand fournisseur mondial. Le Projet Éco, ce sont des investissements publics et privés de 100 milliards de dollars pour repenser notre économie et atteindre la carboneutralité.

Pour lutter contre les changements climatiques, il faut se doter d’un objectif ambitieux. À l’heure actuelle, l’objectif 2030 est de réduire les émissions de gaz à effets de serre (GES) de 37,5 %, sous le niveau de 1990. Il faut démontrer plus d’audace et porter cet objectif à 45 % pour 2030.  

De plus, nous adopterons une Loi sur la carboneutralité qui établira des cibles quinquennales à atteindre jusqu’à la carboneutralité en 2050. Des cibles spécifiques aux secteurs pétrolier et gazier seront prévues. L’exercice nécessaire de réduction des GES doit être fait en tenant compte des impacts sur les familles et les entreprises. Il faut aussi offrir plus de prévisibilité si nous voulons réussir. Enfin, il est essentiel de considérer une transition juste.

L’atteinte de la carboneutralité devra passer par une transformation du secteur des transports, qui représentait 43,3 % de nos émissions de gaz à effets de serre en 2019. Dans un premier temps, il faut améliorer l’offre de transports en commun dans les régions métropolitaines comme dans les secteurs plus régionaux. 

Pour améliorer l’offre de services, il est essentiel d’assurer un financement adéquat des sociétés de transports, qui se sont retrouvées en déficits importants, notamment à cause de la pandémie. En ce moment, l’incertitude pousse les sociétés à réduire leurs services. C’est pourquoi il faut leur garantir un financement qui leur permettra de maintenir leurs services et de développer leurs réseaux.

Pour inciter une plus grande utilisation du transport en commun, nous croyons aussi qu’il faut agir sur l’accessibilité. C’est pourquoi nous allons instaurer la gratuité des transports en commun pour les étudiants et les étudiantes et pour les personnes âgées de 65 ans et plus, partout au Québec, à coût nul pour les sociétés de transports. De plus, nous allons implanter, graduellement et partout au Québec, le Passeport mobilité, une application et une carte de mobilité universelle utilisable dans tous les services de transports durables du Québec.

Il faut par ailleurs poursuivre les efforts pour électrifier les véhicules. Dans le dernier budget, les sommes admissibles au programme Roulez vert ont été modifiées. Alors que le programme portait ses fruits pour atteindre l’objectif de 1,6 million de véhicules électriques d’ici 2030, nous nous expliquons mal les raisons qui ont poussé le gouvernement à freiner l’élan de cette transformation. Nous bonifierons le programme Roulez vert en remettant en place les montants de remboursement qui ont été coupés dans le dernier budget. De plus, nous accélérerons la transformation des véhicules gouvernementaux. Alors que la cible est que 100 % de la flotte gouvernementale soit électrique, seulement 28 % de l’ensemble du parc de véhicules légers du ministère des Transports l’est. À cet égard, l’État doit faire mieux et montrer l’exemple. Pour que les Québécois et les Québécoises adhèrent à l’électrification des véhicules en plus grand nombre, nous devons développer notre réseau de bornes électriques de façon beaucoup plus intensive à la grandeur du territoire. Dans cette optique, nous triplerons le nombre de bornes de recharges du réseau public pour les véhicules électriques. Dans cet exercice, nous nous assurerons aussi que les municipalités en zone rurale disposeront d’au moins une borne électrique. 

Finalement, vous avez tout à fait raison d’insister sur la nécessité que la transition vers la carboneutralité doit se faire de façon juste pour les travailleuses et les travailleurs et en tenant compte des citoyens qui sont plus vulnérables aux changements climatiques et à leurs impacts. Chaque travailleur au Québec est fier de son emploi et a un rôle à jouer dans cette transition. Le gouvernement se doit d’être présent pour nos travailleurs qui seraient désireux d’acquérir de nouvelles compétences ou qualifications pour postuler sur les emplois en demande. Nous poursuivrons les efforts en ce sens. De même, nous devrons œuvrer avec les municipalités ainsi qu’avec le milieu communautaire pour développer des communautés résilientes face aux changements climatiques. Cette réflexion doit s’incarner dans chaque facette de notre vie, de la conception des infrastructures à la livraison des services publics.

Parti Québécois – Une réponse pour les six circonscriptions

  • Protéger les terres agricoles en cessant autant que possible le dézonage et en luttant contre leur accaparement.
  • Favoriser l’achat local et rendre nos entreprises agricoles plus résilientes.
  • Former une relève agricole forte et fière.
  • Augmenter l’offre de formation aux employés qui doivent se réorienter et les accompagner dans leur prise de décision.
  • Mettre en place la PasseClimat pour 365 $ par année, considérée comme l’une des mesures les plus efficaces pour contrer l’inflation et pour favoriser l’utilisation du transport collectif.
  • Le Parti Québécois propose une hausse significative du financement des organismes communautaires soit, 460 M$ par année, à la mission globale dont 370 M $ au Programme de soutien aux organismes communautaires (PSOC).

Québec Solidaire – Circonscription de Taillon – Manon Blanchard

Québec solidaire a déposé son plan climat Vison 2030 durant la campagne. Un plan qui vise la réduction de 55 % des GES d’ici 2030 par rapport à 1990. Un des 6 principes du plan est « la transition juste ». Celui-ci, comme tout le programme de Québec solidaire se démarque des autres partis du Québec par sa vision de gauche de la lutte aux changements climatiques. On ne peut pas voir la question climatique détachée des inégalités sociales. Il est évident pour nous que selon notre statut, l’endroit ou l’on habite, on va vivre les effets des changements climatiques de manière différente. De plus, il est démontré que ce ne sont pas les personnes « en bas de l’échelle » qui en sont responsables. Par exemple, on peut facilement démontrer que les personnes plus démunies habitent dans les îlots de chaleur, et sont donc plus affectées lors des grandes chaleurs. On pense aussi aux quartiers résidentiels situés prêts des industries, à Rouyn-Noranda par exemple. Nous nous engageons donc à mettre en place des mesures de soutien pour les travailleurs-ses, les personnes, organisations et communautés affectées par la transition.