L’État doit viser la fin des guignolées

SOURCE : Virginie Larivière, porte-parole du Collectif pour un Québec sans pauvreté dans le journal Le Devoir

Chaque année, la Grande Guignolée des médias nous rappelle la triste nécessité des oeuvres de charité. L’appel à la générosité vise à répondre à un besoin criant de denrées, comme en font foi les 1,9 million de demandes d’aide alimentaire chaque mois au Québec. En période de plein-emploi, comment expliquer la hausse du pourcentage de demandes d’aide alimentaire pour les personnes ayant un salaire, celui-ci étant passé de 11,2 % en 2017 à 13,5 % en 2019 ? Avoir un emploi ne devrait-il pas permettre de se hisser hors de la pauvreté et de subvenir à tous ses besoins ?

Il y a cinquante ans cette semaine était adoptée au Québec la Loi de l’aide sociale, dont le but était de combler « les besoins ordinaires et spéciaux d’une famille ou personne seule qui est privée de moyens de subsistance » (art. 6). L’État cherchait ainsi à prendre le relais de la charité privée et à assumer la responsabilité d’aider quiconque dans le besoin. Ce faisant, l’État instaurait un droit universel à l’assistance sociale.

Force est toutefois d’admettre que ce droit peine à se réaliser. La charité supplée toujours les insuffisances en matière de protection sociale. Or c’est le rôle des élu(e)s de voir à la lutte contre la pauvreté, c’est eux qui disposent de moyens d’action pour améliorer le revenu des personnes et des familles. Pour assurer à l’ensemble de la population une protection sociale digne de ce nom, l’État doit garantir un droit de vivre dignement. Il doit viser la disparition des guignolées et toute autre oeuvre de charité.

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